La Nouvelle Origine
  par Philippe Lemoine
  Editions Nouveaux Débats Publics

 
"Nous avons besoin d’un nouveau départ, d’un nouvel espoir, d’un nouvel horizon."

La Nouvelle Origine est disponible en librairie et a donné lieu le 11 juin au Théâtre du Rond-Point à une grande soirée débat organisée par le Forum d’Action Modernités. Le débat est disponible en podcast et se poursuit ici.

Jusqu'au 6 juillet chacun des 40 tableaux qui composent le livre sera mis en ligne ici même. Certains des tableaux disposeront d'une interview vidéo introductive de Philippe Lemoine.

Chaque tableau ouvre sur une discussion lancée à partir d’un commentaire sollicité auprès d’acteurs des mondes artistiques et intellectuels, économiques, militants, et politiques.

Cette tribune vous est ouverte.

 

La connexion : La réaction de Cécile Moulard

2 juillet 2007

Engagé. Intelligent. Original. Philippe Lemoine ose la question : « Pouvons nous être le lieu du monde qui va cristalliser ce dont la Planète a besoin : une Nouvelle Origine? » Une sacrée question, qui donne à son auteur l’occasion de revisiter tout ce qui fait l’énergie de Création, en se demandant si nous autres Français aurions un truc en plus, un truc en moins, un truc à part sur lequel nous pourrions surfer.

Le mieux pour le savoir est bien sûr de déguster « La Nouvelle Origine », une matière à pensée que vous ne regretterez pas… De mon côté, j’ai eu un coup de cœur pour la réflexion de Philippe sur la Connexion. Surement aussi parce qu’il est allé là où je ne l’attendais pas. Dans ce chapitre, il s’interroge sur le (un ?) French Paradox. Celui qui met en regard le “retard” des entreprises françaises, leur manque de “modernité”, avec l’agilité des individus à s’emparer des blogs (les Français comptent proportionnellement parmi les plus gros contributeurs dans la blogosphère), de la vidéo sur le réseau, du monde virtuel Second Life aussi (Philippe rappelle que près de 13 % des avatars sur SL sont français, contre environ 31% d’avatars américains), ou même du commerce en ligne (dans un rapport de 1 à 5 avec les US !).

Alors Déconnexion des Entreprises et Connexion des Individus ? Et si nous restions du côté du verre à moitié plein ? Si nous restions du côté de la Connexion pour que l’humain, l’entreprise et les réseaux repartent dans un cycle de Création, vers une nouvelle période de Lumières ? J’ai envie d’y croire, et je dis chapeau-bas à Philippe pour sa capacité à penser autrement, à rendre intelligent, à libérer les énergies. Et si c’est ça la Nouvelle Origine : oui, nous en avons besoin.

Bio:
Après avoir lancé Amazon.fr au poste de Directeur général, Cécile Moulard a créé sa propre structure Sixième Continent qui conseille des sociétés à forte valeur ajoutée technologique, et s’intéresse particulièrement à l’impact sociologique des nouvelles technologies. En octobre 2004, Cécile rejoint Meetic pour préparer l’entrée en bourse de la Société et en assurer le marketing et le développement à l’international. En mars 2007, elle se lance à nouveau dans la création avec le lancement de Badiliz, 1er site féminin de petites annonces gratuites.
Elle a publié : « Mail Connexion : la conversation planétaire commence ! », éd. Au Diable Vauvert (2005).

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La connexion

2 juillet 2007 par P. Lemoine

Comment la France peut-elle amplifier cette bascule des entreprises vers une logique nouvelle ?
Comment surmonter le French Paradox, c’est à-dire le contraste entre une société en mouvement et des entreprises moins rapides ?

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pdf La connexion

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La métamorphose : La réaction de Brice Auckenthaler

28 juin 2007

La boîte de Pandore est en train de se transformer à vitesse grand V. “Open” est son antienne. Le paradoxe est son moteur. “&” est son icône.

“La dynamique d’une entreprise se construit dans sa projection vers le futur (…)”, nous dit Philippe Lemoine, dans son livre-ode à la création.

Et si l’enjeu du 3e millénaire dans lequel nous commençons tout juste à entrer résidait justement dans la capacité des managers des dites entreprises à redécouvrir le plaisir d’inviter l’ensemble de leurs équipes – à l’intérieur et à l’extérieur de la “boîte”–, à inventer collectivement le futur de cette même “boîte” ? Pour contribuer ainsi à dessiner leur propre futur personnel.

Les ”cathédrales”, sorte de Matrix maîtres du monde, verticales, hiérarchisées, productrices de biens, mutent doucement en “bazar” façon Wikipedia, Linux, Creative Commons, (Red), As swarm of angels…) où le réseau, le crowdsourcing, le peer to peer, la création de liens sont des outils propagateurs de cette nouvelle dynamique. L’Imagination Collective se répand pour le bien-être de tous, et la fierté d’appartenance à une cause mobilisatrice. La force du Bazar, c’est la diversité culturelle, géographique, d’un puzzle d’expertises mêlées pour inventer, ou réinventer un modèle.

Le bazar fait merveille pour optimiser un modèle existant en le pulvérisant comme le judoka démoralise ses adversaires, en se servant de leur force (Napster à l’époque, Google depuis 10 ans, Ohmynews en Corée, Skype hier, Joost en ce moment). Le bazar est démocratique – à ne pas confondre avec des désirs d’avenir qui font long feu, car au cœur de la Matrix, régnait le vide visionnaire.

Pour que cette métamorphose perdure, pour que le Homard se déleste de sa carapace originelle, pour que ce “bazar”’ n’explose pas en vol et devienne ingérable, il faut aussi un “Neo”, pilote métamorphosé qui respecte 6 préceptes (liste non exhaustive) :

1/ Identifier et être porteur d’une étincelle créative qui déclenche le Big-Bang. Pourquoi être obligé d’apprendre une langue – le Fortran- pour utiliser un ordinateur, se dit Apple ? Pourquoi ne pas supprimer la cause du problème, se dit Dyson ?

2/ Impulser et faire partager une vision (la santé passera par l’alimentation, parie Danone) ;

3/ Oser se libérer de tout ce qui n’est pas cohérent avec cette vision (les soi-disant règles, les organisations et processus obsolètes, les offres en contradiction avec la vision.

4/ Créer et entretenir un acte symbolique fondateur (chaque collaborateur de Google peut consacrer 20% de son temps de travail à des projets personnels…)

5/ Instituer des rituels : toute réunion, quelque soit son enjeu, démarre par 10mn de repérages innovation en rapport avec le sujet).

6/ Se doter d’une indispensable “discipline”. Par exemple, celle de la gymnastique japonaise de l’innovation collective : un peu tous les jours, quoiqu’il arrive, sinon le bazar rouille.

Bienvenue à l’entreprise métamorphosée en espace de création à tous les étages ! Bienvenue à l’innovation métamorphosée en levier d’enthousiasme ! Bienvenue à la conception assistée par collaborateurs et consommateurs !

Bio:
Brice Auckenthaler, fondateur d’expertsconsulting, cabinet spécialisé en management de l’innovation, de la marque et de la prospective.
Dernier ouvrage paru : co-auteur avec Pierre d’Huy de L’Imagination Collective, Editions Liaisons, coll. Entreprise et carrières, 2007.

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La métamorphose

28 juin 2007 par P. Lemoine

Comment la chenille devient-elle papillon et comment l’entreprise peut devenir l’agent d’une mutation ?
Comment les modèles américains de la Corporation conduit à concevoir l’immatériel sur le mode de l’héritage et du code génétique ?
Comment d’autres formes d’entreprises, irriguées par la société française et les cultures européennes, peuvent incarner une vision plus large de l’entreprise ?

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L’exaltation : La réaction de Pascal Riché

27 juin 2007

Lorsque j’ai découvert le chapitre consacré par Philippe Lemoine aux entrepreneurs de l’internet, j’ai instantanément compris le choix de son titre : “l’exaltation”.

Il faut dire que je suis directement concerné: co-fondateur du site d’information Rue89, lancé le 6 mai, je vis actuellement une “nouvelle origine” personnelle. Certes, je ne suis pas vraiment un “exalté” dans l’âme. Mais depuis quelques semaines, c’est une pile atomique qui me fait avancer : une passion constructive et collective, un pur plaisir de créer, mais aussi d’apporter, à notre modeste mesure, une pierre à notre démocratie. Le “89″ de notre marque n’est pas tombé au hasard : nous avons le sentiment de participer pleinement à la révolution numérique en cours, d’inventer une information plus agile, moins empesée, plus souriante et qui ne surplombe pas le citoyen.

“La véritable question, se demande Philippe Lemoine, est de savoir pourquoi l’internet a fait resurgir cette véritable passion [d’entreprendre]”. Il esquisse une réponse en évoquant l’attrait pour ce monde de “doubles”, représentation transfigurée du réel en expansion continue.

L’internet, tous les entrepreneurs qui s’y sont risqués le savent, a un petit côté “wonderland”. Une fois passé de l’autre côté du miroir, on accède à un champs formidable, un terrain d’aventure, encore vierge comme les grandes plaines, où tout est à réinventer, à commencer par de nouveaux rapports entre les hommes. C’est un monde en patte à modeler, où toutes les erreurs peuvent être corrigées, et qui offre des potentialités infinies. C’est un outil d’une puissance qu’on ne soupçonne pas encore bien, capable de déplacer des montagnes, et donc des rêves.

Et puis, à la différence de l’aviation, du chemin de fer, de la radio, de la télévision… point n’est besoin, pour l’entrepreneur désireux de participer à cette révolution, de réunir des sommes considérables. Avec quelques dizaines de milliers d’euros, il peut développer une trouvaille informatique, ou mettre en ligne un site visible dans le monde entier. Si ce site repose sur une bonne idée, une de ces idées qui rayonne et qui bouscule, alors son petit projet peut modifier le vieux monde. Quoi de plus exaltant?

Bio:
Ancien rédacteur en chef à Libération, Pascal Riché est co-fondateur avec Pierre Haski et Laurent Mauriac de Rue 89, journal quotidien en ligne lancé le 6 mai 2007.

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L’exaltation

27 juin 2007 par P. Lemoine

Comment les entrepreneurs n’ont jamais été des monstres froids et pourquoi l’avait-on oublié ?
Pourquoi Internet a-t-il réinstallé les passions comme fondement même de la création de valeur ?

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pdf L’exaltation

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L’immatériel : La réaction de Antoine Rebiscoul

23 juin 2007

« Il est assez évident qu’une entreprise qui s’en tient à un modèle strictement économique a du mal à soutenir dans le temps la dynamique de ce modèle ».

On mesure mal la portée de cette « évidence », et l’audace de sa formulation ! On dira : « oui, oui, une entreprise est un acteur social, elle est dans le jeu politique, dans la société etc. ; on le sait tout ça ; on s’en sortira bien, parce qu’on a une bonne direction de la communication et des affaires publiques… Revenons aux choses sérieuses… »

Mais le constat de Philippe Lemoine est beaucoup plus profond. Il ne s’en tient pas à définir l’immatériel à la manière comptable, sur le mode d’une petite valeur ajoutée supplémentaire et cosmétique : je compte mes actifs, je vois ce qui est vraiment capitalisable dedans, je leur impute des flux de revenus qui augmentent d’autant leur valeur en capital. Et s’ils présentent bien, mes actifs, c’est mieux : je les rends jolis, je leur fais donner des cours de maintien par des spin doctors, etc.

Lemoine : il faut non seulement du « retour sur capital », mais aussi du « retour vers la société ».

Ah oui ! Vous voulez parler du caritatif, de l’humanitaire, des bonnes causes, tout ça ?! On le fait, ça, aussi ; on a nos pauvres.

Non ; la mutation est beaucoup plus radicale. Vos « actifs », justement, regardons ce qu’il a dedans. Des usines, des machines ?

Oui, bien entendu, mais ce n’est plus trop ce qui compte fondamentalement : on s’est beaucoup modernisés, vous savez, on raisonne en flux, process, projet, davantage qu’en nombre de pièces produites et en outputs à l’unité. Donc, de la technologie, beaucoup de technologie ; on préfère la rotation du capital à son immobilisation – on doit être très réactifs ; la technologie, c’est ça : c’est une réactivité en acte ; on peut changer très vite la forme de nos produits, leurs couleurs, leurs fonctionnalités. A la lettre, d’ailleurs, notre métier, c’est désormais moins de produire que de savoir concevoir, juste au bon moment, ni trop en avance ni trop en retard. Ce qui nous intéresse, c’est de maintenir une attente, un désir de la part de nos clients –davantage que de combler leur besoin. L’idée n’est pas de réaliser une transaction, mais d’entretenir une relation.

Et ce que ne donneront jamais les instruments de ciblage marketing, la sophistication de toutes les plates-formes technologiques, le tracking du moindre ressort désirant, c’est notre capacité, à chacun d’entre nous, d’entrer en relation. Plus l’entreprise est performante, plus elle réussit à transformer ses propres consommateurs en actifs productifs. Le design, comme le pointe bien Philippe Lemoine (l’iPod, Target), n’est pas une facétie marketing : c’est ce qui permet au consommateur d’incorporer véritablement le produit ; il lui apparaît tellement à sa mesure à lui qu’il semble le fruit de sa propre intention. L’esthétisation de la relation marchande (voyez depuis quelques temps les trafics obscurs de l’industrie du « luxe » avec l’univers de l’art contemporain) appellerait une Critique de la Faculté de juger (Emmanuel Kant… 1790) d’un nouveau type. Kant ne découvrait-il pas, dans cette troisième critique, rien de moins que la nécessaire intersubjectivité comme racine presque impensable de l’antinomie de la connaissance (raison pure) et de la liberté (raison pratique) ? Avons-nous jamais eu tant besoin d’une Critique de la Faculté de juger économique, qui ferait enfin apparaître l’importance décisive des facteurs de mutualisation, d’effets de réseaux, de socialisation première de la production et des échanges ? « Retour vers la société » comme le dit Philippe Lemoine, Return on Involvment incluant le Return on Investment, ce n’est pas une figure morale ! Ce n’est rien d’autre qu’un facteur décisif de croissance.

Bio:
Antoine Rebiscoul
Ancrage institutionnel un peu dématérialisé
RSVP : antoine.rebiscoul@gmail.com

3 commentaires   Rubrique: La Mutation, Réactions

L’immatériel

23 juin 2007 par P. Lemoine

Pourquoi l’entreprise ne peut pas s’en tenir à des paris sur la technologie et à des raisonnements économiques ?
Comment la valeur innovante d’une entreprise doit se fonder sur une ambition sociétale et sur un sens humain pour pouvoir être pérenne ?
Comment cet immatériel se cherche principalement aujourd’hui dans l’esthétique ?

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pdf L’immatériel

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L’incarnation : La réaction de Philippe Moati

20 juin 2007

« La personnalité humaine se retrouve au cœur du fonctionnement économique contemporain», nous explique Philippe Lemoine. De fait, le capitalisme est entré dans une nouvelle étape de son développement où l’homme joue un rôle capital. Côté production, les salariés, longtemps perçus comme des appendices de la machine, sont désormais recherchés pour leur créativité, leurs capacités relationnelles, leurs « compétences ». Le travail n’est plus seulement un coût, mais un ingrédient décisif du processus de création de valeur. Même constat de progrès du côté de la circulation. Aux premières heures du capitalisme, seul un petit nombre de privilégiés participaient à la formation de la demande. Avec le fordisme, l’économie se soucie enfin du confort matériel de chacun. Aujourd’hui, la valeur se crée dans la capacité à prendre en charge les clients par l’offre de « solutions globales », à apporter du confort psychologique. Nous assisterions à l’avènement du règne d’un client qu’on ne satisfait plus au moyen de transactions ordinaires, mais par l’établissement de relations denses, épaisses, inscrites dans la durée, creusets d’un processus de coproduction de ce qui est échangé. Qui pourrait s’affliger de telles évolutions ? On pourrait à tout le moins s’inquiéter de certaines contreparties : mobilisation de la globalité de la personne dans l’activité de production, avec le risque avéré de faire porter un poids excessif sur ses frêles épaules ; nouvelle extension de la sphère de la marchandisation, les émotions, les sensations, les valeurs, la relation… devenant des valeurs marchandes. Puisque l’homme se trouve désormais, pour le meilleur et pour le pire au cœur de l’économie, plus que jamais il convient de s’assurer que l’économie participe du projet d’assurer le bien commun.

Bio:
Philippe Moatti est économiste, professeur à l’Université Paris 7

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L’incarnation

20 juin 2007 par P. Lemoine

Comment la logique humaine permet à l’entreprise de prendre corps, en rapprochant les anciens process productifs et l’économie de la connaissance ?
Comment la personnalité humaine se retrouve-t-elle au cœur du fonctionnement économique contemporain ?

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