La Nouvelle Origine
  par Philippe Lemoine
  Editions Nouveaux Débats Publics

 
"Nous avons besoin d’un nouveau départ, d’un nouvel espoir, d’un nouvel horizon."

La Nouvelle Origine est disponible en librairie et a donné lieu le 11 juin au Théâtre du Rond-Point à une grande soirée débat organisée par le Forum d’Action Modernités. Le débat est disponible en podcast et se poursuit ici.

Jusqu'au 6 juillet chacun des 40 tableaux qui composent le livre sera mis en ligne ici même. Certains des tableaux disposeront d'une interview vidéo introductive de Philippe Lemoine.

Chaque tableau ouvre sur une discussion lancée à partir d’un commentaire sollicité auprès d’acteurs des mondes artistiques et intellectuels, économiques, militants, et politiques.

Cette tribune vous est ouverte.

 

Le triomphe des dépassements : La réaction de Pierre Bellanger

17 juillet 2007

Un excellent livre, paru en mai dernier, intitulé « The age of abundance » de Brink Lindsey illustre bien le propos de Philippe. La thèse du livre est que le passage d’une société de pénurie à une société d’abondance a conditionné les grands mouvements sociaux de la seconde partie du siècle dernier. La question posée désormais est la suivante : sommes-nous dans un âge de pénurie ou d’abondance ? Et les cultures de pénurie et d’abondance ne sont-elles pas à la recherche de leurs points de repère car notre monde est désormais multiple : on peut continuer la mentalité d’abondance en se servant de la mondialisation et de l’Internet comme d’un levier, on peut retrouver la mentalité de pénurie en se fondant sur la précarisation des classes moyennes et la fonte des glaces polaires. Quant à l’espoir d’amour, il se métamorphose socialement sans cesse mais demeure intact et éternel en chacun.

Bio:
Pierre Bellanger-Président de Skyrock

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Le triomphe des dépassements

16 juillet 2007 par P. Lemoine

Comment le monde pourrait-il à nouveau progresser, sans se définir par rapport à un absolu ?
Pour que triomphent les dépassements, ne faut-il pas oser en appeler à l’amour ?

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La circulation des dynamiques

11 juillet 2007 par P. Lemoine

Comment la centralité des images de la jeunesse renvoie-t-elle à une marginalisation de la jeunesse réelle ?
L’idée de jeunesse ne reste-t-elle pas manipulée ?
Pour faire circuler des dynamiques, ne faudrait-il pas ré-apprendre les différences d’âge, tout en construisant des alliances inter-générations ?

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Les minorités d’action

10 juillet 2007 par P. Lemoine

Comment les jeunes générations se distinguent-elles des plus anciennes, par leur hétérogénéité croissante ?
L’image de la « world company » n’est-elle pourtant pas glaciale et homogénéisante ?
Peut-elle s’ouvrir à la différence, comme le « world fooding » ou la « world music » ?

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L’architecture des débats

30 juin 2007 par P. Lemoine

Comment les rencontres et les alliances peuvent être stimulées par un débat d’idées vivant ?
Mais comment faut-il s’y prendre en France pour redonner vie à des débats et à des interrogations que l’on a voulu refermer ?

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La libération des contraintes : La réaction de Thierry Maillet

29 juin 2007

Je commente avec un grand plaisir le chapitre sur la Libération des Contraintes issu du nouveau livre de Philippe Lemoine. Celui-ci me fut un réel soutien, riche d’encouragements quand j’écrivais mon propre livre, et qu’il préfaça l’été passé avec un réel sens de la mise en perspective.

« J’écris ton nom, Liberté ». En 1942 le poète Paul Eluard appelait à faire tomber les barrières de toutes les oppressions. Depuis 1989, les dernières barrières sont tombées, et pourtant de nouvelles contraintes se sont fait jour du côté du modèle dominant et unique, le capitalisme. Philippe Lemoine a raison d’évoquer la libération des contraintes en prenant pour point de départ les années 70 et la recherche de la libération de la pensée par le biais du phénomène bien connu aujourd’hui de déconstruction – reconstruction dont l’origine souvent française fut amplement reconnue dans le monde.

L’ancien Président de la République voyait dans le libéralisme une contrainte supérieure au communisme. Sans accepter l’extrémisme de Jacques Chirac, il était savoureux de lire à la fin de l’année passée, l’éditorialiste de The Economist[1] s’adressant à ses lecteurs issus des milieux économiques, que « le capitalisme vous a rendu libre, il vous a rendu riche, ne lui demandez pas de vous rendre heureux ».

« Nous sommes les habitants de la cité autant que du supermarché », constatait avec justesse l’essayiste français Pascal Bruckner en 2002[2]. A l’aube du XXIe siècle, une nouvelle génération de consommateurs-citoyens souhaite s’affranchir des contraintes issues d’un mode de vie qu’ils veulent faire évoluer en devenant les propres acteurs de ce mouvement libérateur. Ce n’est pas une classe d’âge mais une classe de valeurs qui réunit des hommes et des femmes désireux de prendre en main la gestion de leur propre devenir. C’est la Génération de la Participation[3].

Les membres de cette Génération Participation voient dorénavant la vie en réseau après avoir constaté que « l’individualisme possessif » de la société de consommation conduisait à un périlleux amenuisement des ressources naturelles. Obligés de penser la vie autrement, cette Génération veut explorer de nouvelles relations interdépendantes[4], soit la libération de contraintes plus subies que choisies. Ces individus reconnaissent d’ailleurs aisément que la seule satisfaction matérielle de leurs désirs ne pouvait répondre à leurs attentes comme un juste rappel de la fin des années soixante.

Philippe Lemoine souligne donc justement que « ces individus n’attendent plus rien de leurs aînés (les trop fameux baby-boomers) pour s’inventer d’autres horizons et explorer de nouveaux territoires » (p.288). Sa vision souligne combien les formules de simplification à l’extrême de l’évolution de notre civilisation, La Fin de l’Histoire (Fukuyama, 1992) et The World is Flat (Friedman, 2004) ne s’appliquent pas ou insuffisamment à une ambition beaucoup plus large des individus.
La place centrale accordée à la France dans cette ambition libératrice apparaît dès lors bien plus réaliste en rejoignant un mouvement plus large avec notamment les excellents, L’Etrangeté Française (d’Iribane, 2006) et l’Avenir d’une Exception (El Karoui, 2006).

Ce mouvement de libération s’appuie donc sur le choix qui doit être fait entre Connexion et Protection, et qui a été symbolisé un certain 6 février 2007 quand les deux principaux acteurs de l’informatique des trente dernières années eurent à choisir leur camp.

L’homme le plus riche du monde, Bill Gates, demandait, au nom de sa société Microsoft, la mise en place d’un nouveau et puissant système de sécurité informatique. Ce même jour, Steve Jobs, l’emblématique Président d’Apple plaidait pour des téléchargements de musique sans protection[5].

Dans la première partie de son livre, Philippe Lemoine trouve très justement dans le cinéma américain des débuts du XXe siècle, un modèle reproductible pour les premières années du nouveau siècle. « C’est à travers ce jeu de contraintes et de limites que le cinéma s’érige en art … Cet art de masse fondamentalement optimiste, profondément structurant… », (page 51).

Philippe Lemoine perçoit dans l’alliance entre la science (ici Internet) et les artistes avec les intellectuels (les créateurs), le moteur de la libération des contraintes. C’est une judicieuse répétition du rôle résolument démocratique et intégrateur des hommes et des femmes d’Hollywood au début du XXe siècle.

La redécouverte des vertus de l’échange et du partage (le don) par rapport à un individualisme porté au pinacle durant les vingt dernières années renvoie aux vertus politiques de la riche rencontre créative entre scientifiques et artistes. Un brillant économiste français[6] a d’ailleurs évoqué la « Belle Epoque » pour désigner la période qui s’ouvre.

Philippe Lemoine soutient que les temps redeviendraient modernes car libérés des contraintes. En insistant sur le rôle central que jouerait la France dans ce mouvement de modernisation, dont la société a toujours été rythmée, à fréquence régulière, par des vagues d’émancipation et de connexion, Philippe Lemoine propose pour notre pays une vision aussi vivifiante que souhaitable.

[1] The Economist, 21 décembre 2006
[2] Pascal Bruckner, La Misère de la Prospérité, Paris, 2002 Editions du Seuil
[3] Thierry Mailet, La Génération Participation, Paris, 2006, M21 Editions
[4] La déclaration d’interdépendance par l’association mondiale Collegium International
[5] www.news.fr Actualités du 7 février 2007
[6] Michel Godet, Courage du bon sens pour construire l’avenir autrement, Paris, 2007, Odile Jacob.

Bio:
Thierry Maillet, chercheur doctorant à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), et directeur de TMC et associés, société de conseils.
Auteur de La Génération Participation, M21 Editions, 2006

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La libération des contraintes

29 juin 2007 par P. Lemoine

Comment le Web pourrait-il nous aider à nous défaire des toiles d’araignée où s’immobilisent nos vies ?
On ne se libère certes pas des contraintes par des paradis artificiels.
Mais comment le virtuel pourrait-il nous ouvrir de nouveaux espaces d’aventure ?

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L’invention de nouveaux modèles : La réaction de Stéphane Distinguin

14 juin 2007

Le modèle de la « grande entreprise sans intuition » décrit par Philippe Lemoine a fait long feu et ce n’est ni par vampirisme (le sang des jeunes pousses) ni par la pratique d’un double langage que les anciens modèles résisteront et s’imposeront à l’avènement de la nouvelle origine. L’économie du savoir et des réseaux se construit avec des femmes et des hommes qui veulent partager des convictions et des émotions et obtenir les moyens de les exprimer.

Les entrepreneurs qui l’ont compris, avant même de parler de produit et de stratégie, considèrent comme une priorité absolue de recruter les talents que tous s’arrachent dans une économie en mutation où toutes les organisations peuvent potentiellement devenir concurrentes : grandes, petites, publiques, privées, nord, sud, … et où donc la découverte des talents et leur épanouissement seront la clé du développement et de la différenciation des entreprises.

Le modèle, tient aussi pour moi à sa pureté et à sa concentration. J’aime l’idée de la création d’une entreprise selon la « règle des 300DPI » : il s’agit en effet d’imaginer une image de petite taille qui pourra être « étirée » ensuite, sans « pixellisation », sans dégradation de la qualité de l’image à plus grande échelle. Parce que si la start- up est une entreprise à taille humaine, une PME pleine de promesses, le nouveau modèle, s’il est vraiment puissant, devra dépasser la PME et permettre une croissance soutenue et harmonieuse… rêvons donc que les arbres poussent jusqu’au ciel !

Quelques questions toutefois :

  • les nouveaux modèles sauront-ils résister à l’érosion ? Que deviendra le « don’t be evil » déjà écorné de Google ?
  • quelle réconciliation des générations au sein de ces nouveaux modèles où les plus de 35 ans (j’ai bientôt 34 ans) peuvent parfois sembler promis au mystérieux cimetière des éléphants ?
  • ces nouveaux modèles, par leur jeunesse, leur cohérence, leur force, auront-ils pitié de leurs prédécesseurs et des modèles issus de régions moins développées ?

Bio:
Stéphane Distinguin
Fondateur du groupe faberNovel et président du Silicon Sentier

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L’invention de nouveaux modèles

14 juin 2007 par P. Lemoine

Comment l’entreprise est-elle devenue, pour les jeunes, un des acteurs susceptibles de faire bouger la société ?
Mais les entreprises traditionnelles ne pouvaient pas, au-delà de l’image, accueillir ces désirs.
De nouveaux modèles d’entreprises en seront-ils capables ?

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L’explosion des volontés : La réaction de Nicolas Flamant

6 juin 2007

Qu’est ce que serait cette Nouvelle Origine qui favoriserait un nouveau souffle d’espoir et de créativité en associant de façon plus centrale cette jeunesse ? Qu’est-ce que serait cette nouvelle origine qui, associant beaucoup plus cette jeunesse, permettrait à la France de sortir de la morosité ambiante et des scléroses dans lesquelles il lui arrive trop souvent de se complaire ? Qu’est ce que serait cette nouvelle origine qui favoriserait une révolution créatrice de la jeunesse ?

Le regard porté sur la jeunesse a toujours été ambivalent. C’est en elle que l’on porte les espoirs, à elle qu’on attribue les innovations, mais c’est aussi elle qui suscite méfiances et inquiétudes. Récemment, cette ambivalence s’est considérablement renforcée : alors que cette jeunesse s’est trouvée surexposée à la précarité du travail et de ce fait à une forte dépendance à l’égard de ses aînés, on n’a cessé de s’inquiéter de son rapport au travail, à l’entreprise, jusqu’à lui attribuer la perte de la valeur travail.

Si Nouvelle Origine il doit y avoir, elle naîtra du fait que cette jeunesse puisse dire, elle même, à ses aînés que le monde dans lequel elle vit n’est que celui qu’on lui a laissé. Car ce discours critique, qui reste aujourd’hui une propriété des aînés, n’associe pas la jeunesse à la préparation de demain. Cette jeunesse pourra alors dire elle-même que ses comportements, dont les aînés s’étonnent voire s’effraient, sont plus que jamais la traduction des évolutions récentes de notre société. Dans le monde du travail, par exemple, ils sont bien souvent la fidèle mise en application des messages de l’entreprise sur l’adaptabilité, la réactivité et la mobilité des salariés…

La Nouvelle Origine viendrait alors d’une jeunesse, en particulier celle des banlieues, qui s’empare du droit d’inventaire qu’elle n’utilise pas aujourd’hui, pour ne plus laisser aux seniors le monopole de la critique organisée.

Alors Philippe Lemoine, cette Nouvelle Origine que tu appelles de tes voeux, n’est-elle finalement pas un nouveau conflit de génération, le précédent ayant été confisqué par la génération de 68 ?

Bio:
Nicolas Flamant
Anthropologue
Directeur des Etudes de l’Institut Entreprise & Personnel
Chercheur associé au Laboratoire d’Anthropologie des Organisation et des Institutions Sociales (EHESS-CRNS)

Auteur, entre autres de : Une anthropologie des managers, PUF, 2002
Conflit de générations ou conflit d’organisation ? Un train peut en cacher un autre… », Sociologie du Travail n°47 : 223-244, 2005
Construire la confiance dans un monde incertain, Entreprise & Personnel, 2006

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