La connexion : La réaction de Cécile Moulard
Engagé. Intelligent. Original. Philippe Lemoine ose la question : « Pouvons nous être le lieu du monde qui va cristalliser ce dont la Planète a besoin : une Nouvelle Origine? » Une sacrée question, qui donne à son auteur l’occasion de revisiter tout ce qui fait l’énergie de Création, en se demandant si nous autres Français aurions un truc en plus, un truc en moins, un truc à part sur lequel nous pourrions surfer.
Le mieux pour le savoir est bien sûr de déguster « La Nouvelle Origine », une matière à pensée que vous ne regretterez pas… De mon côté, j’ai eu un coup de cœur pour la réflexion de Philippe sur la Connexion. Surement aussi parce qu’il est allé là où je ne l’attendais pas. Dans ce chapitre, il s’interroge sur le (un ?) French Paradox. Celui qui met en regard le “retard” des entreprises françaises, leur manque de “modernité”, avec l’agilité des individus à s’emparer des blogs (les Français comptent proportionnellement parmi les plus gros contributeurs dans la blogosphère), de la vidéo sur le réseau, du monde virtuel Second Life aussi (Philippe rappelle que près de 13 % des avatars sur SL sont français, contre environ 31% d’avatars américains), ou même du commerce en ligne (dans un rapport de 1 à 5 avec les US !).
Alors Déconnexion des Entreprises et Connexion des Individus ? Et si nous restions du côté du verre à moitié plein ? Si nous restions du côté de la Connexion pour que l’humain, l’entreprise et les réseaux repartent dans un cycle de Création, vers une nouvelle période de Lumières ? J’ai envie d’y croire, et je dis chapeau-bas à Philippe pour sa capacité à penser autrement, à rendre intelligent, à libérer les énergies. Et si c’est ça la Nouvelle Origine : oui, nous en avons besoin.
Bio:
Après avoir lancé Amazon.fr au poste de Directeur général, Cécile Moulard a créé sa propre structure Sixième Continent qui conseille des sociétés à forte valeur ajoutée technologique, et s’intéresse particulièrement à l’impact sociologique des nouvelles technologies. En octobre 2004, Cécile rejoint Meetic pour préparer l’entrée en bourse de la Société et en assurer le marketing et le développement à l’international. En mars 2007, elle se lance à nouveau dans la création avec le lancement de Badiliz, 1er site féminin de petites annonces gratuites.
Elle a publié : « Mail Connexion : la conversation planétaire commence ! », éd. Au Diable Vauvert (2005).
Aucun commentaire Rubrique: La Mutation, Réactions







La boîte de Pandore est en train de se transformer à vitesse grand V. “Open” est son antienne. Le paradoxe est son moteur. “&” est son icône.
Lorsque j’ai découvert le chapitre consacré par Philippe Lemoine aux entrepreneurs de l’internet, j’ai instantanément compris le choix de son titre : “l’exaltation”.
« Il est assez évident qu’une entreprise qui s’en tient à un modèle strictement économique a du mal à soutenir dans le temps la dynamique de ce modèle ».
« La personnalité humaine se retrouve au cœur du fonctionnement économique contemporain», nous explique Philippe Lemoine. De fait, le capitalisme est entré dans une nouvelle étape de son développement où l’homme joue un rôle capital. Côté production, les salariés, longtemps perçus comme des appendices de la machine, sont désormais recherchés pour leur créativité, leurs capacités relationnelles, leurs « compétences ». Le travail n’est plus seulement un coût, mais un ingrédient décisif du processus de création de valeur. Même constat de progrès du côté de la circulation. Aux premières heures du capitalisme, seul un petit nombre de privilégiés participaient à la formation de la demande. Avec le fordisme, l’économie se soucie enfin du confort matériel de chacun. Aujourd’hui, la valeur se crée dans la capacité à prendre en charge les clients par l’offre de « solutions globales », à apporter du confort psychologique. Nous assisterions à l’avènement du règne d’un client qu’on ne satisfait plus au moyen de transactions ordinaires, mais par l’établissement de relations denses, épaisses, inscrites dans la durée, creusets d’un processus de coproduction de ce qui est échangé. Qui pourrait s’affliger de telles évolutions ? On pourrait à tout le moins s’inquiéter de certaines contreparties : mobilisation de la globalité de la personne dans l’activité de production, avec le risque avéré de faire porter un poids excessif sur ses frêles épaules ; nouvelle extension de la sphère de la marchandisation, les émotions, les sensations, les valeurs, la relation… devenant des valeurs marchandes. Puisque l’homme se trouve désormais, pour le meilleur et pour le pire au cœur de l’économie, plus que jamais il convient de s’assurer que l’économie participe du projet d’assurer le bien commun.

