La Nouvelle Origine
  par Philippe Lemoine
  Editions Nouveaux Débats Publics

 
"Nous avons besoin d’un nouveau départ, d’un nouvel espoir, d’un nouvel horizon."

La Nouvelle Origine est disponible en librairie et a donné lieu le 11 juin au Théâtre du Rond-Point à une grande soirée débat organisée par le Forum d’Action Modernités. Le débat est disponible en podcast et se poursuit ici.

Jusqu'au 6 juillet chacun des 40 tableaux qui composent le livre sera mis en ligne ici même. Certains des tableaux disposeront d'une interview vidéo introductive de Philippe Lemoine.

Chaque tableau ouvre sur une discussion lancée à partir d’un commentaire sollicité auprès d’acteurs des mondes artistiques et intellectuels, économiques, militants, et politiques.

Cette tribune vous est ouverte.

 

L’audace

13 juillet 2007 par P. Lemoine

À quelles conditions, un renouveau militant peut-il avoir un sens universel ?
Peut-on ignorer l’aspiration morale qui s’exprime notamment dans la jeunesse ?
Et comment l’affirmation d’un Droit international, au-dessus de la technologie, pourrait-il stimuler une vision partagée du mal ?

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L’engagement

9 juillet 2007 par P. Lemoine

Sommes-nous prêts à dépasser l’individualisme ambiant ?
Mais comment le faire sans retomber dans le pathos rejeté des idées générales ?
Peut-on encore croire à la magie de l’engagement ?

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Les différences

26 juin 2007 par P. Lemoine

Comment s’enrichir des différences ?
On glisse facilement de « je te donne ma différence » à « je t’impose ma démocratie ».
Comment remonter la pente, alors que nousdevonsfairefaceàunecrisede l’universel ?

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Le progrès : La réaction de Daniel Kaplan

22 juin 2007

La méfiance vis-à-vis de l’idée de progrès me semble marquer une rupture historique, après quelques 4 siècles pendant lesquels l’avancement conjoint des connaissances, des formes productives et des organisations politiques était censée produire une humanité émancipée, libérée des sujétions liées à ses origines. Il y a certes de bonnes raisons à cette rupture, mais elle pose un double problème :

  • Elle produit, non seulement une perte de confiance dans le futur (le sentiment assez répandu que l’avenir de nos enfants sera plus sombre que notre présent), mais aussi le sentiment qu’il n’y a pas grand-chose que nous puissions faire pour modifier notre avenir ;
  • Il s’agit d’un phénomène avant tout européen, que je ne retrouve ni aux Etats-Unis (où la confiance dans la technologie, toute naïve ou opportune qu’elle apparaisse, libère une énergie formidable qui finit souvent par la justifier a posteriori), ni en Asie par exemple.

On a sans doute raison d’abandonner l’idée d’un progrès univoque, d’un sens positif de l’histoire. Mais la question essentielle demeure : comment conserver, retrouver, développer, étendre notre capacité individuelle et collective à construire des futurs que nous considérons meilleurs ?

C’est pour y répondre que nous inventons des nouvelles frontières. Les technologies de la communication jouent aujourd’hui ce rôle. De ce point de vue, la pensée “cyber” me paraît plus complexe que ce que décrit le chapitre “Le progrès”. J’y trouve au moins trois tendances assez profondément différentes :

  • Une tendance “technocratique”, focalisée sur l’automatisation et l’optimisation, qui se débarrasse donc volontiers de l’homme ;
  • Une tendance “idéaliste”, qui voit dans le cyberespace le moyen de libérer l’homme des pesanteurs du monde physique, à commencer par son corps ; elle a un caractère proprement utopique ;
  • Une tendance “innovatrice”, qui perçoit ces techniques comme des prothèses du cerveau et du corps, des moyens d’étendre nos capacités de connaissance et d’initiative ; ses moteurs sont l’échange et le désir, ses limites, la difficulté de produire de l’universel.

Cette dernière tendance est à l’oeuvre dans les exemples que Philippe Lemoine décrit dans le chapitre suivant, “L’utopie”, qui ne décrit pas vraiment des utopies, plutôt des pratiques engagées atteignant, grâce aux réseaux, des échelles auparavant inimaginables. Mais contrairement aux deux autres, il lui manque précisément un imaginaire, des mythes fondateurs. Pour fonder une nouvelle vision, pratique, active, du progrès, elle attend son William Gibson, son Matrix. Quels créateurs anticiperont-il son histoire ? Je pense pour ma part qu’ils ne viendront pas de l’Occident.

Bio:
Daniel Kaplan est délégué général de la FING

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Le progrès

22 juin 2007 par P. Lemoine

Comment faire vivre des idéaux universalistes, donnant un sens aux technologies puissantes qui relient les personnes à l’échelle du globe ?
Mais ces technologies favorisent-elles un progrès de la communication ou une montée des barrières et de l’incommunicabilité ?

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Le métissage : La réaction de Yann Moulier Boutang

15 juin 2007

Chacune des cases de la matrice ambitieuse de ce livre plein de braises mériterait des pages de commentaires. Contentons-nous ici des huit que Philippe consacre au métissage sous la colonne désir et la ligne l’universalité. J’en retiens trois paroles fortes.

Il faut creuser au-delà du constat satisfait des multiples couleurs (black, blanc beur), de toutes les fois (quatre religions sans compter les sans) et de l’étonnante unité de la langue dans un monde créole. Qu’il soit républicain en France, démocrate en Allemagne ou au Royaume-Uni, le modèle d’intégration a un besoin immense d’égalité d’accès au logement, à l’emploi, à l’éducation, aux médias, à la classe politique, à la création et à l’expérimentation innovante.

L’universel n’est qu’une promesse. Il ne s’accomplit que lorsque les Noirs des Antilles se saisissent de l’idée,folle pour des esclaves, de liberté, comme les sans-papiers aujourd’hui, que lorsque les Pauvres, les sans… posent l’exigence d’égalité dans le pacte politique, lorsque les femmes, les minorités au nom de la fraternité mettent au premier rang la logique de la libération sur tous les terrains, du couple au Parlement.

Cet universel en acte là qui se méfie de l’universel abstrait et de l’universel alibi, suscite une résistance hexagonale qui a pour nom centralisme, jacobinisme, étatisme et surplomb de ceux qui se prennent encore pour les élites de la nation.

Pour finir, une question, directement liée à ce constat lucide de Philippe. Pour vaincre ces résistances, pour une véritable refondation, ne faut-il pas prononcer un mot que j’aurais aimé trouver davantage dans La nouvelle origine ? Celui d’Europe. Le formidable défi contemporain n’est-il pas désormais celui du métissage de la France avec d’autres provinces Nations ? Sans Europe Constituante la France ne se trouve-t-elle pas ravalée au statut de beau monument historique ?

Bio:
Professeur de sciences économiques à l’UTC et directeur du Costech (Connaissssances, Organisation, Système Technique), Yann Moulier Boutang est également directeur de la publication de la revue Multitudes.
Dernier ouvrage publié : La Capitalisme cognitif – La Nouvelle Grande Transformation, Multitudes Idées / Ed. Amsterdam, juin 2007

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Le métissage

15 juin 2007 par P. Lemoine

Comment la France pourrait-elle augmenter son rayonnement, en reflétant la multitude de ses lumières ?
La force de la République a été de se vouloir « une et indivisible ».
Aujourd’hui la France peut-elle se retrouver elle-même, en respectant et en valorisant sa diversité ?

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L’utopie : La réaction de Nicolas Jourdier et Christian de Boisredon

8 juin 2007

N. Jourdier (à gauche) et C. de Boisredon (à droite), à Dhaka avec le professeur Yunus.« Il n’y a pas de grande réalisation qui n’ait été d’abord utopie »

Merci ! Enfin une vision constructive de l’utopie !

Dans l’univers des intellectuels trop souvent cyniques et sceptiques, prononcez le mot « Utopie » et vous êtes au mieux pris pour un gentil idéaliste naïf. Au pire, on pousse des cris d’orfraie en assénant comme François Bizot « Je hais l’idée d’une aube nouvelle où les homo sapiens vivraient en harmonie, car l’espoir que cette utopie suscite a justifié les plus sanglantes exterminations de l’histoire. »

Pire encore, d’autres se désintéressent, comme Philippe Curval « Il n’y a rien de plus ennuyeux que l’utopie. »

Et pourtant, comme vous le dite, l’Utopie est passionnante. Bien sûr qu’elle est inatteignable, bien sur qu’elle est idéaliste, mais elle montre le cap, la voie !

Vous parlez de Franck Riboud (patron de Danone). Je me souviens de lui en 2005 déclarant son utopie : « Apporter la santé par l’alimentation au plus grand nombre ». On entendit alors dans l’assistance quelques pouffements de rires cyniques (quel naïf !) et critiques (un patron qui propose ça ? Il doit forcément y chercher son intérêt !). Six mois plus tard, Franck Riboud rencontre M. Yunus qui lui propose de créer des usines de Yaourts enrichis pour les pauvres du Bangladesh. Aujourd’hui, la première des 50 usines prévues a déjà créé 2 000 emplois et apporte un équilibre alimentaire à plusieurs centaines de milliers d’enfants. Les usines s’autofinancent et rendent les employés de Danone fiers de l’utopie de leur patron.

Et pendant ce temps, je me demande à combien de personnes les sceptiques ont redonné espoir…

Comme le dit Paolo Coelho : « La seule chose qui puisse empêcher un rêve d’aboutir, c’est la peur d’échouer. »
Et Elder Camara complète : « Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve, alors que lorsqu’on rêve à plusieurs c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. »

Bio:
Christian de Boisredon : co-fondateur Reporters d’Espoirs
Nicolas Jourdier : co-fondateur The Yunus Movie Project

Sur la photo : N. Jourdier (à gauche) et C. de Boisredon (à droite), à Dhaka avec le professeur Yunus.

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L’utopie

8 juin 2007 par P. Lemoine

Comment de nouvelles utopies peuvent apparaître aujourd’hui ?
La puissance de certains rêves déplace les montagnes.
Mais comment susciter de vraies utopies sans ouvrir les vannes à tous les mythes, à toutes les illusions, à tous les trompe-l’œil des projections techniciennes ?

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Le cosmos : La réaction de Stéphane Pocrain

7 juin 2007

En quelques lignes, Philippe Lemoine esquisse un portrait robot du questionnement écologique, pour en épouser l’exigence et en mesurer les limites tout à la fois. Philippe Lemoine nous amène ainsi à considérer l’émergence de la question environnementale comme un phénomène producteur d’universalisme. Faisant référence à la « mère patrie » portée par Edgar Morin, il insiste sur la nécessité de revisiter la notion même de progrès et de remettre en cause les fondements productivistes de la pensée sociale- démocrate pour la « désencalminer » du passé. On le devine, il rêverait d’un Bad Godesberg écologiste, ouvrant la porte de la modernité à ceux qui se réclament de la sociale démocratie.

Mais à mes yeux, l’essentiel de son propos ne réside pas ici. En appelant par ailleurs à une convergence de l’interrogation écologiste et de la vigilance sur les enjeux de technologie de l’information, il fait bien plus qu’étendre le domaine de la lutte.

La question centrale devient dès lors l’invention d’une nouvelle cosmogonie partagée du monde, qui fasse par exemple de la préservation des écosystèmes numériques l’équivalent de la vigilance pour la protection de l’environnement. Au-delà de cette écologie des signes, il nous faudra apprendre à réarticuler anticipation, précaution, prévention. Parce que, le mouvement écologiste, né en partie de la défiance à l’égard de la technoscience, ne saurait rester indifférent à l’égard des questions soulevées par la montée en puissance des technologies de l’information.

Stimulant programme, mais qui suscite une interrogation majeure : la prise en compte de la question écologique procède-t-elle de l’émergence d’un nouveau paradigme ou ne constitue-t-elle qu’une reformulation actualisée de la catastrophe ? Dans cette perspective, quel sort est fait aux contradictions sociales ? Sont-elles secondaires par rapport à l’ampleur vertigineuse des périls environnementaux ou trouvent-elles à se refonder, par exemple dans une opposition entre écologie des pauvres et écologie des riches ?

Bio:
Stéphane Pocrain est Vice président de l’agence DRAFTFCB, en charge du développement durable et de la citoyenneté.

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